vendredi, mars 18 2016

Ibidem - Chapitre 2 / 12 - Pas de tartelette au citron pour le petit déjeuner.

Chapitre 2 / 12

Pas de tartelette au citron pour le petit déjeuner.

Ce matin, je me réveillai tôt. Je venais d’ouvrir les yeux. L’écran de mon réveil digital affichait « 06:12 » et, en plus petit, en haut à gauche, 11/06, ce qui correspondait à la date convenue pour le grand rassemblement à l’agence mère, à Compiègne. Je m’appelais Jimmy-Joyce Sainte-Clark mais plus couramment, on m’interpellait avec un « Eh J-J ! ». J’étais agent secret depuis quelques mois et je partageais mon temps entre Londres, Caracas et Manille. Alors, même si je possédais un coquet pied-à-terre à Compiègne même, je ne m’étais jamais rendu au quartier général de notre organisation secrète. Tout ce que je savais, c’est que le bâtiment avait été maquillé en petite clinique de quartier.

J’écartai la bouteille de vodka vide qui se trouvait sur ma table de chevet et saisis la lettre d’invitation que j’avais reçue deux mois plus tôt. Je la relus à voix haute.

- Compiègne, le 05 avril 2016…nanana…mérite…et bravoure…nanana…invitons le 11 juin prochain à 8h00…nanana…au 132, Rue des Chercheuses…nanana… afin de subir un examen de la plus haute importance…nanana…A l’accueil, le code pour pouvoir entrer sera : «  S’il vous plaît mademoiselle, pouvez-vous m’indiquer les commodités ? » …nanana…charmante hôtesse…nanana… rendez-vous pour dîner …nanana… Vous monterez bien prendre un dernier verre ? …nanana…Qu’est-ce que vous faîtes ? Mais lâchez-moi …nanana…et la demoiselle en question vous indiquera mon bureau…nanana…Signé La Direction Générale, L.Andretti-Gabanna.

J’avais une gueule de bois terrible. C’est idiot mais le mot « examen » m’avait angoissé et, hier soir, j’avais dû me saouler pour parvenir à m’endormir. Je me préparai rapidement et, désireux de prendre l’air, je décidai de me rendre à ce rendez-vous à pied.

Et, alors que j’allai nonchalamment par-delà les chemins terreux et les rus tranquilles de la verte et immense forêt qui bordait la cité, j’aboutis, presque par hasard au détour d’un bosquet, au centre-ville de Compiègne. Là, bouleversé par l’odeur de mousse humide et la fraîcheur du vent qui perdait ses dernières forces dans les vieilles ruelles piétonnes, je tentai de me raccrocher à quelques fragments de réalité et, passant devant une boulangerie dont la vitrine m’allécha, j’entrai à l’intérieur. Mon entrée fracassante ne manqua pas de faire sursauter la délicieuse boulangère à qui le tailleur seyait très bien et dont les pâtisseries sentant l’ambre me mirent davantage encore en appétit. Mon entrée ne manqua pas davantage encore de faire sauter le tailleur sur la fracassante boulangère sentant l’ambre dont les délicieuses pâtisseries, à qui cela seyait très bien, me mirent en appétit. Je sommai le tailleur de reprendre sa pierre et de cesser d’importuner cette pauvre artisane. Stoïque, il s’exécuta…à coups de burin, le malheureux. Je l’achevais d’une balle dans l’occiput, c’était ma signature dans le milieu. Et pendant que deux figurants aux allures minables déguisés en brancardiers embarquaient le corps, je présentai ma carte d’agent secret à la boulangère ébahie.

- J-J Sainte-Clark, agent secret, je voudrais une tartelette au citron, s’il vous plaît, dis-je.

- C’est un achat ou une réquisition ? demanda-t-elle.

- Excusez-moi, c’est un simple réflexe, dis-je, amusé, en rangeant ma carte.

- Excusez-moi également, dit-elle en souriant, nous, nous ne faisons pas dans la tartelette au citron.

- Ah ah, pouffai-je, excusez-moi encore mais y-a-t-il quelque chose de honteux à faire des tartelettes au citron ? Ma mère était dans la tartelette au citron, ma grand-mère aussi…Cela vous en bouche un coin ça ma p’tite dame, hein ?

- Excusez-moi de vous avoir offensé, je voulais juste vous dire que la maison ne vendait pas de tartelettes au citron, c’est tout.

- Ah nan, excusez-moi, vraiment, je me laisse emporter et je vous raconte n’importe quoi, ma grand-mère faisait dans la tartelette à la rhubarbe. D’ailleurs, à cause de ça, toute la famille la snobait et omettait de l’inviter pour les repas.

- Excusez-moi mais votre vie de famille ne m’intéresse que très moyennement et je voudrais savoir si je vous sers quelque chose.

- Excusez-moi, je suis réellement embarrassé, je ne sais que choisir. La maison fait dans quoi ? Les vidanges gratuites ? La taille des pierres ? demandai-je pour lui rappeler le douloureux épisode qu’elle venait de vivre.

- Excusez-moi aussi de vous ramener aussi durement à la réalité mais le meurtre, car c’est bien de cela qu’il s’agit, et tous les agissements commis ici seront relatés à la puissance mille auprès de la police, me menaça la boulangère.

- Excusez-moi de vous rappeler que la police…c’est moi.

- Excusez-moi de toujours avancer des arguments contre votre incroyable perspicacité, mais je ne comprends pas pour quel obscur motif vous avez abattu mon mari de sang-froid.

- Ah, le tailleur de pierre, c’était votre mari ?

- Plus ou moins.

- Ben … Excusez-moi d’avoir trucidé votre mari, j’en suis sincèrement désolé mais le batifolage et les jeux de mains devant la clientèle, je trouve ça un peu limite et en tant que défenseur de l'ordre et des bonnes mœurs, j’ai cru bon de … de … Enfin ! Un peu de bon sens que diable ! Avouez que c’était un peu limite ! Devant la clientèle ! Devant les enfants !

- Mouais … Admettons ! concéda la boulangère.

- Allez, pour me faire pardonner, mettez-moi un pain aux raisins !

- Avec ceci ?

- Ah, je croyais que c’était seulement dans les boucheries qu’on demandait « Avec ceci ? » comme si le client était obligé d’acheter la moitié du magasin avant de sortir.

- Et bien apprenez, cher monsieur, que la question peut également être posée dans une boulangerie comme vous venez d’en avoir l’éclatante démonstration.

Là, je devais avouer qu’elle m’avait bien mouché la boulangère. Son petit air supérieur et sa façon subtile de se gausser de moi à chacune de ses répliques m’avaient passablement irrité. Désormais, tout irait très vite.

- Je m’en vais, j’en ai soupé des excuses ! Oh, regardez ! dis-je en pointant du doigt le mur derrière elle.

A peine avait-elle tourné la tête qu’une balle de gros calibre se logea dans son occiput. La boulangère s’abattit lourdement sur le sol. Je quittai les lieux sans hâte et je marchai à nouveau dans les rues paisibles de la ville encore endormie. De toute façon je n’avais pas de quoi payer ce pain aux raisins.

Ce qui m’agaçait le plus, c’est que ma marque personnelle – la trépanation de l’occiput – m’obligeait souvent à tirer dans le dos ou à profiter du manque de méfiance des braves gens avec le coup classique du « Oh regarde là-bas ! ».

mercredi, mars 16 2016

Ibidem - Chapitre 1 / 12 - Pas d’anniversaire pour moi le 11 juin !

Chaque mardi et vendredi des 6 semaines à venir, je vous proposerai de suivre les aventures de Jimmy-Joyce Sainte-Clark, un agent secret un peu benêt. En espérant vous faire rire et sourire dans mon univers loufoque où je joue avec le fond et la forme.


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dimanche, janvier 3 2016

Ô rage! Ô désespoir!

Ces quelques mots ne sont pas ceux d’une miss météo annonçant la tempête du siècle. Ce ne sont pas non plus les mots d’un agriculteur craignant pour ses récoltes et qui commencerait à négocier ses futures subventions exceptionnelles hebdomadaires. Non, ces mots ne sont rien de tout cela.

Ces quelques mots sont les premiers d’un des alexandrins les plus célèbres de la langue française. Mais pour être complet, il manque à cet alexandrin quelques pieds. Car comme les huîtres, les pieds sont meilleurs à la douzaine. Le vers complet, l’alexandrin de 12 pieds, le voici dans son ensemble :

« Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie »

Déjà ça sonne mieux. Et comme dit le poète barman, il faut toujours finir son vers.

Bref, cette phrase est l’introduction de l’une des plus fameuses tirades du Cid, de Corneille (Non, pas le chanteur du XIIème arrondissement. Le poète du XVIIème siècle). Cette phrase, c’est Don Diegue, le père du héros qui la prononce alors qu’il n’est pas content du tout.

Pour resituer l’action, Don Diegue est le père de Rodrigue (appelé Le Cid par ses potes, ce qui justifie le titre). Rodrigue aime Chimène, la fille de Don Gomes. Chimène est une coquine et fait déjà des cochonneries en cachette avec Rodrigue. Donc tout va bien dans le meilleur des mondes. Les deux papas se mettent même d’accord pour que les amoureux puissent se marier et n’aient plus besoin d’aller à l’hôtel sous un faux nom. Evidemment, la pièce serait un peu courte si tout se passait bien de l’hôtel à l’autel. Alors Corneille (toujours le poète, toujours pas le chanteur) qui en a écrit d’autres, décide que les pères des amoureux s’embrouillent. Mais alors, ils se fâchent très très fort.

Et comme souvent, c’est à cause du business : Le roi nomme Don Diegue(le papa du héros), gouverneur à la place de Don Gomes(le papa de la hérote). Comme Don Gomes est un sanguin, vlan, il balance direct une beigne dans la tronche du vieux Don Diegue.

C’est à cet instant précis qu’intervient, que dis-je, que jaillit, la tirade sur la vieillesse ennemie. Car Don Diegue est tout moisi et ne peut plus se défendre.

Son bras qui tant de fois a sauvé cet empire,

Est atteint de Parkinson, chaque jour ça empire !

Il va donc demander à son fils Rodrigue de venger son honneur et d’aller éparpiller façon puzzle ce fumier de Don Gomes. Rodrigue est bien embêté, car Gomes a beau être un fumier, c’est aussi le géniteur de sa fiancée. Il redoute donc la réaction de Chimène (qu’il appelle Chichi dans l’intimité).

Suivent donc de longs monologues, des crises de larmes, un duel à l’épée à grand spectacle, avec effets spéciaux, et tout et tout. Finalement, Rodrigue ouvre son ex futur beau-père de là à de là. L’honneur de la famille est sauf. Don Diegue est content son fils est un bon fiston. Seul problème, la miss Chimène apprécie moyennement que son amoureux fasse du macramé avec les tripes de son papa.

Elle va donc tout faire pour se débarrasser de Rodrigue (qu’elle ne veut plus appeler Roro, dans l’intimité). Elle va aller cafter au roi, et va même demander à son autre petit copain (On l’a déjà dit, Chimène c’est une coquine) de provoquer le Cid en duel…

Bref, à la fin, il y a une grande bataille finale durant laquelle Rodrigue tabasse les ennemis du roi, des grosses têtes de maures. Il sauve le royaume et récupère l’amour de Chimène. Chichi pardonne à son Roro et ils se marient.

Fin.

Tombée de rideau.

Parricide la sortie.

mardi, décembre 22 2015

Le premier abrouti du village

L'univers est un chaos ordonné, les planètes gazeuses, à l'atmosphère légère tourbillonnent dans le ciel, entre deux tempêtes de folie, trop éloignées du Dieu soleil, trop proches, elle sont in-habitable, mais revenons à la notre, la belle bleu isolé dans la galaxie, dans un champ, je regarde cette reine qui butine, cette reine, vous rigolez ! Bien sûr que c'est une guerrière, un travailleur de l'ombre, une sans papier, sans matricule, qui de l'aube au couché butine, et serine de ses ailes qui battent et rebattent l'air atone. Pétole, absence de ce vent, ciel ouvert presque gris, sans être sombre, j'ai mon appareil photographique, je zoome, gros plan, wouahou, quels couleurs ! Jaune et noire, pose B, j'ai la sensation de vibrer en regardant ce cliché, et puis cette fleur, de l'acacia, au cœur mauve, ses feuilles qui s'étalent à la recherche de lumière, je voudrais vous offrir l'odeur, mais comment faire pour insuffler un peu de ce parfum qui détalle au centre névralgique de mes narines, algues marines ? Oui, comment rendre la note sucrée de ce temps abstrait, comment vous parlez de ce jour, où une rencontre plein d'épice, me garantie de vouloir revenir en arrière, d'oublier la folie ordinaire des Humains, et de naviguer dans ce pétrin ouvert et offert aux rêves les plus fous ?

Qui je suis ? Pourquoi, je narre cette courte aventure ?

Avant de devenir chasseur d’effluve, de saveurs, de couleurs, je naviguais sur des abeilles, enfin une le Bourdon un magnifique croiseur qui par son étrave ouvre les océans, les mers fortes se fracassent sur sa proue, se séparent sur sa poupe, et à son bords nous mangeons ce poulpe qui n'a pas eu de chance en croisant notre sillon. Sauver des vies, notre unique combat mais cela n'évite pas le fait de manger d'autres espèces, la loi du règne animal est dure à digérer, mais trêve de digression, oui, je fut un marin qui allait en zodiac pas lire les lignes de la main, mais affronter la mâchoire, le hachoir de l'Iroise, ce parc marin, cette mer, au regard turquoise les jours de calme, et si grise les jours de fureur de ce vent rageur qui détruit la route, vraie, des bateaux qui sillonnent le large de l’île de Ouessant.

Le risque faisait partie de mon quotidien, affronter le mal de mer, sans la main de ma maman pour me sécuriser, et maintenant, me voici un simple chasseur d'images, dans un champ de pâquerette, en compagnie d'une colonie de vaches paisibles qui pâturent et mangent de l'herbe pour porter leur embonpoint, à la ferme, chaque soir, quand l' astre jaune se casse derrière la ligne bien peu concrète, cette conquête de l’Équateur, quelle heure était-il ? Quand, je pensais à ce passé, si fier de mon cliché de cette abeille qui vole son butin sur la fleur et nourrie mes enfants de ce bienfait salvateur, je vais rentrer, tout à heure, à toute allure, sans serrer le vent, sans aller au près, sans régler les voiles, je navigue sur cet herbe tranquille, sans aucune frayeur, le sol n'est pas meuble, juste quelques flaque de boue, par ci par là, rien de traumatisant, un peu surpris cependant de trouver une abeille, seule, comme perdu, où est sa colonie ?

Seule au monde ?

Impossible, mes yeux tournoient, je cherche l'erreur, je sauve les cœurs comme d'habitude, c'est-à-dire une simple déformation professionnelle, ça bourdonne, pas un Ours à l'horizon, rien de plus que ce bruit qui se rapproche ses ailes qui battent l'air et elle se pose sur mon nez, y entre, que vais-je faire ? Ne pas l'écraser, ne pas paniquer, ne pas la tuer ! Je bouge plus, je respire plus, je suis immobile sous l'ombre d'un châtaigné, sa fraîcheur me tord le ventre de maux sans sens, j'ai froid quand elle me pique l'arrête nasale, pas de vaisseau spéciale, mais une douleur extrême, comment une si petite bête peu faire de l'ombre à un seigneur de la Terre, un Humain, simple habitant de ce lieu enchanteur, j'ai mal, j'ai envie de la frapper à mon tour, mais ses ailes s'agitent et elle part, l'abeille retrouver les sienne de consœur !

Ça fait un mal de chien, un coup d’œil dans le rétroviseur, une tache rouge sang sur mon appendice nasale, c'est sale, mais bon, juste une piqûre de rappel que la Nature reste reine, et cette ouvrière vole vers ses sœurs... Maintenant, je pense au plat que ma femme a concocté ce laps de temps, où absent, elle gère mon quotidien, je l'aime, j'ai envie de l'embrasser sur le cou, mais cette couleuvre sur mon nez ne m'arrange pas... Nos deux enfants sont chez leurs grand-parents, tranquille à la maison, hum rêve d'épices, ce rouge de cadmium sur la table, un Colombo, oh, je me trompe toujours sur la couleur de cet épice qui ravive les recettes d'Afrique et ne coûtent pas cher, du riz, rond et gris, un bon vin de bourgogne, j'entre dans la cuisine, enfin, oh quel odeur ! Puis ce cri !

— Mais jeff ton nez !

Ah, oui, j'avais oublié, je me suis fais piqué, cet après-midi par une abeille Une guêpe, certainement Non, une abeille, regarde sa photo !

Je lui montre le cliché, et surprise, elle s'esclaffe

— Ben une belle fleur, mais ton animal rugissant, il est où ? Sur la pellicule, montre !

Je regarde, rien, le vide, l'absence, plus de jaune et noir, rien...

— Mais ??? Oui, rien, je ne suis pas folle, mais met ça sur ton nez

Ma femme a dévalisée l'infirmerie, et un coton me soulage de ce mal naissant qui emplie ma peau de taches noirâtres, au fond rouge.

J'ignore ce qui se passe, moi des baleines j'en ai vu, des cétacés aussi et là c'est assez ! Reste l’effluve qui vient de la casserole, nous dînons, le poulet fond dans nos bouches, entre deux éclats de rire, je tais la douleur, je ne comprends pas la mutation qui sévis dans mes viscères, mon estomac se remplie de ce riz Colombo, sans vouloir faire référence à cet inspecteur de génie, je dérive sur la piste aux oiseaux migrateurs, la Paruline rayée qui d'un simple coup de vent s'égare sur la mappemonde, si chère à Apolline, ma fille unique, elle s'invite en courbe elliptique dans mes pensées sauvages, telle une pierre précieuse l'opaline. Nous regardons un film culte, « il était une fois la révolution ! » Sergio Leone, mais pendant tout la séance, mon état se complique, hâte de me coucher, de lutter contre la fièvre de vivre, hâte d'inhaler le couloir des songes, de sombrer dans le tube noir du non-rêve, non cauchemar aussi, et puis là je plonge dans un état, un de ses état, je raconte :

« Dehors, la lune n'est pas rousse, ma femme dort, dure journée, et moi, je me trouve sans cesse, je trouve pas le repos du guerrier, je reste pantois fasse à cette nuit de dauphin de la reine, me voilà dans une ruche, vraiment, vous n'y croyez-pas ! Croyez-moi, sur parole, je vais vivre un truc de folie, cette nuit là. D'abord, l'abordage d'image, un carnage, je suis en train de sucée la cervelle d'une reine de la ruche, je n'y crois pas, c'est ni bon, ni goûteux, seulement, si réel ! Image de nourrice, je suce une cervelle, c'est un peu pas beau, mais c'est un rôle salutaire pour vivre cette vie de chien ! Vivre cette vie, d'abeille, en entrant dans mon appendice nasale, elle m'a piqué au vif, certes, mais aussi elle m'inonde d'image de sa vie, je le comprends aisément, moi qui devient son regard, ses ailes, je butine et entre dans un parcours du temps, or saison, or religion, religieuse, je reste gourmand, et gourmet, mais un flot d'images génèrent une vie qui devient imaginaire, un zeste de sucre, un reste d'humanité, et ce voyage hors temps, hors piste ! Je suis dans une cellule, la prépare, enfin c'est ce que je comprends. Le lendemain matin, je m'informe sur les abeilles et découvre le processus, mais en sus, j'ai une tache sur le bras gauche, bizarre, vous avez dit bizarre. Bon, je me lève, je me lave, et pars à la chasse aux belles images, surpris cependant de deux choses, deux faits intriguant, en un, l'abeille n'est plus sur la pellicule, en deux, j'ai la nausée pourtant je n'ai pas ouvert le téléviseur, marre, raz le bol de ses vingt-heures horribles, mort en cascade, fusillade, guerre et grillade, je pense au homard, aux grillade de crevettes, de gambas, je suis un monstre, un monstre de ventre, et puis cette nausée qui ne se vide pas, enfin ce sentiment d'être malade, alors ma balade se fait libellule, un bon bol d'air, un peu d'air frais, et une envie de fromage, un vieux comté ferait l'affaire, je ne parle plus, mon sang circule mais un souffle au cœur, je respire mal, un mâle des maux, et une mutation sur la glaive du temps. Cette piqûre m'affole, je circule et vais dans un bois sentir le vieux chêne, je veux re-naître, sentir les odeurs, voir courir un champignon, observer le son du vent, et devant, mon chien aboie, je ne comprends pas pourquoi ? Cauchemar de cette nuit, nourrice, je prépare la cellule de la ruche, mère nourricière, je viens d’ouvrir les yeux et déjà au travail ! Quel travail, un simple numéro et pas gagnant, je suis ce suc qui se crée dans l'alvéole de la cabane de mes sœurs, aux ailes translucides, lucide, je comprends que j'ai deux vie en cours, celle d'un être humain, père de faille, et puis celle lunaire de cette abeille qui me perce le nez et maintenant envahie tous mes sens, et ouvre ma sensibilité. Je dois sortir de ce cauche-rêve, alors pour oublier ce non sens de la vie, pour sortir du tourbillon d'informations qui menace mon identité, rester le même garçon, le fils de sa maman, de son papa, ressortir du tunnel obscure, et trouver de la lumière, c'est un teste, je dois rivaliser avec mon propre intérieur et ne pas en sortir sale ! Souvenirs de ce repas, nous étions dans un petit appartement, après avoir été faire quelque course au marché, une recette, un beau poulet, cuit au miel et a la moutarde, ce sucre caramélise, et la saveur de la moutarde s'associe à la perfection, un peu d'huile d'olive, celle de retour de nos vacance en Espagne, le liquide se déverse dans la casserole, dévale la paroi de la bouteille, coule et roule sous l'assaut de la flamme, le gaz cuit les poivrons, un vert, un rouge, un orange, je rajouterais bien ma touche, un peu de vinaigre balsamique, mais je cherche, pas un placard ne recèle de ce trésor, alors confus, je confesse mon impuissance et regarde, ma future femme, délicate, ôter la peau des poivrons, qui dans l'eau de leur cuisson trouveront tout le goût qui sied à un plat sublime, le miel est de noisette, je crois mais les souvenirs vous savez c'est pas toujours précis ni vrai, ça y ressemble cependant ! Ce retour en arrière m'enchante, j'ai envie de crier des mots d'amour, mais voilà, la camisole de force ne serait pas loin, tient une ombre, des gens, je ne suis pas seul, j'hurle contre le vent le prénom de mon chien, langue ouverte, il revient, ouf, pas de bêtise, ce matin. Puis j'ouvre les yeux ! »

Petit déjeuner, café, et viennoiserie, croissant pur beurre salé, pain au chocolat, et refuse le miel, un peu de confiture de prune et je pars en ville faire développer ma pellicule, chemin faisant, pas l'oiseau, mais un camion, une camionnette sur le trajet, donnez votre sang ! J'entre, peu fier, je sais que j'ai pas de veine, alors on me fait attendre puis me pique comme tous ses gens heureux de donner leur sang ! Et là surprise, un cri, moi je regarde pas la poche de mon âme, de ce sang qui me gène, du gêne de mes ancêtres mais la dame, infirmière, sans doute, viens de crier et je tourne les yeux, l'un bleu, l'un vert, puisque je suis vairons ! Je tourne de l’œil, c'est jaune, mon sang est jaune miel, j'y crois pas, et ce cri, puis ses rires m'affolent, la poche pleine, on goûte, enfin je goûte la substance qui se révèle sucrée, aux teintes d'acacia, la poche est pleine de ce jus de reine, alors j'ai peur, de finir singe, et sagement, je refuse la collation, comme eux refusent ma donation et rentre à la maison, un peu perdu, même paumé, et tombe dans les pommes. Je vais cacher ce nouveau goût et je ne veux pas devenir mutant, mais je pense aux enfants, à ma femme, et on m'expédie aux urgences, et là, le coma. La fin de l'histoire, je suis le premier être, hêtre, abrouti, des larves dans mon nez.

mercredi, décembre 2 2015

Pénétration

- introduction en toute confiance de parties du corps d'un individu A (voir C et D pour les plus altruistes) dans un individu B.

- acte charitable accordé par bien des femmes pour que leur partenaire quitte au plus vite leur continuum espace-temps.

Synonyme : bâclé, simulation, déception, cerise sur le gâteau

lundi, novembre 30 2015

Amour

1- menottes émotionnelles et psychologiques.

2- créature mythologique.

3- archer pitoyable.

4- forme de beauté ultime lorsqu'il est impossible.

5- état photogénique.

Synonyme : dépendance

dimanche, novembre 29 2015

Amusons-nous avec "Le Littré"

Cet ouvrage célébre a été publié à partir de 1863, puis dans sa deuxième édition en 1872-1877. Grâce ce site : j'y ai découvert quelques petites gâteries :

''CLITORISME (kli-to-ri-sm') s. m. Terme de médecine. Abus du clitoris.'' Une question se pose... Peut-on réellement abuser du clitoris ? Une honnête femme doit-elle dire "J'adore me masturber" ou "Je souffre de clitorisme chronique" ?

samedi, novembre 28 2015

Bonheur

- plénitude à géométrie variable et à probabilité faible.

- peut se trouver dans la main d'un enfant serrant la vôtre, une paire de chaussure, dans un "je t'aime", dans un macaron, dans le crissement de draps que l'on serre, dans le chocolat noir, dans l'aveuglement, dans un bain chaud, devant les pleurs d'une petite boule de chair et d'espoirs appelé nouveau-né, dans la victoire sur le Boss du niveau 12, dans l'achat d'un pavillon de banlieue (et la signature d'un prêt immobilier aux conséquences à peine moins terribles qu'un pacte avec le Diable), en écoutant les Pixies, dans une double-pénétration,dans les lignes d'un livre, dans un rayon de soleil explorant,un après-midi d'août, la peau de votre amant(e) dans l'atmosphère capiteuse d'une chambre après l'amour , dans un ollie impossible, dans un down picking à 184 bpm, dans mes bras... (liste non-exhaustive). Par contre, ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval.

Synonyme : chimère, graal, impossible.

vendredi, novembre 27 2015

Humanité

- inlassable source de désillusions et de déceptions malgré quelques spécimens moins compromis que (beaucoup) d'autres.

Synonyme : loup, meute, loi de Lynch

Alcool

1- déambulateur du mariage.

2- lubrifiant mondain.

3- facilitateur de coït (ou l'inverse).

4- huile sur le feu de la connerie.

5- oubli en vente libre.

(liste non-exhaustive).

mercredi, novembre 25 2015

Blog

signe d'intelligence ou de mort cérébrale, éthique, sociale (rayer la/les mention/s inutile/s).

Synonyme : mégaphone

mardi, novembre 24 2015

dyna-mythe

10406550_888076814588935_2270742942943477800_n.jpg Dyna-mithe

Ce matin-là, la lune était bizarre. Elle descendait vers la Terre comme si plus rien ne la retenait tout en haut. Un gros ballon qui promettait de faire un trou d'enfer, si personne ne réagissait, mais que pouvions-nous faire ?

Lacs, cratères. Tout illuminée, elle descendait vers le tropique du cancer. Le monde en alerte attendait le soleil, mais lui il avait une envie d'être discret. Pourtant, aucun nuage ne le chassait à l'ouest, et les dieux semblaient devenus fous. Ou alors ils manifestaient leur besoin de vacances. Un joli spectacle, cependant...

Toutes les nations étaient prévenues, et les téléphones rouges saturaient : de Russie, de Chine, ou des Etats-Unis. Le nucléaire était annoncé, sinon notre planète allait trembler. Personne n'avait pensé à ce désastre, que la lune, fatiguée de tourner, abandonnerait son orbite pour devenir une nouvelle dynamite. Combien allait mourir ?

Les enfants se réveillaient. Un samedi comme les autres : ils n'avaient pas classe, aujourd'hui, Unis sur toute la Terre, les petits voulaient jouer, tandis que nous, responsables de nos actes, avions le fond du pantalon mouillé. Plus besoin de s'inventer des histoires de spationautes : la grande Histoire s'inscrivait en lettres capitales. La lune tombait. Elle avait quitté son orbite et, depuis, son ombre laissait une nuit noire sur la moitié de la planète. Le soleil, tant attendu, avait choisi de se lever à l'est : il tournait à l'envers. Les scientifiques perdaient leurs repères. Les anguilles, elles, partaient se reproduire selon leurs habitudes, sans peur, ni reproches.

L'humain, si savant, ne comprenait plus rien... Les fauves, eux, cherchaient à se nourrir, se moquant de ce vent de sable qui levait le désert. La conscience d'être à l'âge de pierre, ou de Paul. Nos satellites pouvaient tout prévoir : une averse au Pôle nord, ses espions n'arrêtaient pas de nous épier, et le commun des mortels était fiché. La liberté n'était qu'une notion abstraite, puisque la puce de votre carte bancaire, votre portable, vous identifiait. La radio, la télévision, Internet, diffusaient l'information, et le cours des entreprises d'assurance chutait au rythme de cette pleine lune qui refusait de poursuivre sa route. Les vieux, si habitués à la voir docile, se mettaient à prier. La peur envahissait la planète, car quelque chose ne tournait vraiment plus rond. Et les hommes commençaient à comprendre que, au fond, ils ne sont qu'illusion. Une race dominatrice sur une planète de seconde, dans une galaxie à un seul soleil. Quant à l'eau, la mer. Elle, elle semblait attirée par la côte atlantique sud. Déjà des villes entières se noyaient. Heureusement qu'il y avait des bébés nageurs, car la terre, de ce côté-là de la planète, devenait une piscine. Les ponts s'écroulaient sous le flux de la marée, cent-vingt maximum qu'ils disaient... encore une bêtise.

Le monde était touché dans son fond de certitude, et les nations se rapprochaient par présidents interposés pour trouver la solution. L'arme nucléaire, la destruction d'un symbole et la peur de perdre jusqu'à sa première certitude. Ou une solution miracle proposée à la dernière minute. Devait-on tuer la Lune, lui envoyer une charge, à l'épicentre, et en faire une étoile filante... Elle tombait si vite que mon chat ne dormait plus. Je l'observais, et il chassait ses mauvaises pensées. Ce jour était peut-être le dernier, et les oiseaux criaient. Je comprenais que les animaux se sentaient innocents. Ce n'était pas eux qui lançaient des défis au cosmos, si fiers d'être l'essence de l'existence. Les vers ne dormaient plus, les chiens étaient aux abois, et les armées cherchaient l'ultime solution : une ou deux fusées devraient la calmer. Comment la renvoyer sur orbite ?

L'hélium. Gonfler des ballons de ce gaz si léger, et l'accrocher à la Lune. Les Chinois tissèrent une enveloppe, les Russes donnèrent leur gaz, les Américains affrétèrent une navette, et ils partirent dans l'espace. La mission, aussi périlleuse soit-elle, ne fut pas longue. Un petit tour en dehors de la stratosphère, gonfler le ballon, l'amarrer solidement, et la voilà renvoyée sur son orbite. Pas le temps de calculer précisément, la position de chacun. La nuit, laissa place au soleil, et les enfants savaient bien, au fond d'eux, que tout était donc à refaire.

vendredi, novembre 20 2015

Clitoris

preuve irréfutable que Dieu (ou toute autre entité divine jouant au marionnettiste avec nos pitoyables existences) est une Femme.

Synonyme : stairway to heaven

jeudi, novembre 19 2015

Con

antithèse de soi.

Synonyme : voisin, admirateur, électeur, automobiliste (liste non-exhaustive)

mercredi, novembre 18 2015

Talons aiguille :

aiguillon du désir à équilibre instable.

mardi, novembre 17 2015

Conviction :

1. dangereux entêtement à suivre de fausses pistes.

2. ersatz d'idée ou paradigme low-cost permettant de briller en public.

3. dernier rideau défensif en cas d'attaque sur les engagements passés.

Antonyme : Réflexion, analyse, ouverture.

samedi, novembre 14 2015

Pourriture(s)

Dessin de François Boucq sur les attentats du 13 novembre 2015

"Pourritures", voilà le terme qui me vint à l'esprit hier soir alors que je suivais sur les chaînes d'informations et, surtout, sur Twitter, le triste récit des attaques terroristes sur Paris.

Mot de la colère impulsive, sans réflexion.

Puis, parce que le choix d'un mot n'est jamais sans signification, je me suis demandé pourquoi j'avais choisi d'affubler ces brutes ayant trouvés une "respectabilité" perverse à leur amour de la violence de cette insulte. Parce qu'ils sont des corrupteurs.

Leur haine et leur violence pourrissent d'abord leurs esprits et leurs actes. Puis le monde qui les entoure, comme dans une boite de Petri où une bactérie pathogène serait mise en culture. Ils colonisent, agressent et détruisent le milieu qui les entoure. Ils en font un lieu dévasté, putride où rien de sain ne survit. La joie, le bonheur, la communauté, l'autre ne sont plus vu que sous l'angle de la soumission, de la peur, de la douleur que l'on a le pouvoir d'infliger ou la peur de subir. Les réfugiés qui essaient de sauver leurs vies en venant nous demander un peu d'Humanité en sont les témoignages vivants. Mais l'avons-nous compris derrière nos idées barbelées ?

Comme tout agent pathogène qui se respecte, leur but ultime est de tout contaminer. Ils veulent aussi nous atteindre. Ils nous infligent leur violence, nous injectent leur venin. Ils veulent que notre vision humaniste du monde, du vivre-ensemble se salisse dans la lutte contre leurs actions. Ils veulent insérer leur pourriture dans les interstices de notre société, y cultiver des abcès, provoquer l'inflammation du corps social. Dire à ceux, musulmans, Français(e)s issus de l'immigration, qui pourraient en être les victimes, "nous avions raison, nous sommes votre seule issue, nous détenons LA vérité : vous ne pouvez pas vivre ici, la démocratie, les idées de Lumières ne sont pas pour vous". Ils veulent annihiler notre capacité à accepter nos différences pour construire une société unie mais pas uniforme.

Pour cela ils trouveront des alliés objectifs parmi nous, d'autres corrupteurs moins virulents grâce à l'influence de nos Lumières mais qui ont, patiemment, durant des années, nourri leur propre bouillon de culture, leur propre souche de haine et puis, d'autres encore, qui acceptent toutes les marches qui se présentent à eux - même les plus branlantes, les plus pourries - pour accéder au pouvoir.

Leurs armes bien enfoncées dans nos plaies, ils les agrandissent, les infectent, ils veulent que le pus coule, que la fièvre monte. Si nous n'y prenons pas garde, sans s'en rendre compte, par la surenchère sécuritaire, par l'abandon de nos valeurs, par l'index rageur que certains pointent vers ceux qui n'ont rien en commun avec ces monstres, nous risquons de faire pourrir sur pied notre modèle de société.

Ce sont des pourritures parce qu'ils sont la mort, la fin de tout ce qui fait l'Humanité. Ce sont des manipulateurs parce qu'ils veulent faire de nous ce qu'ils sont. Ce sont des corrupteurs car ils veulent que nous bafouions les valeurs démocratiques que nous chérissons tant.

Protégeons la Fraternité de la pourriture.

Sans nom, sang visage !

Ses tueurs cherchent le paradis et nous traitent de monstre, barbare souvent barbu, la liberté, ils veulent la tuer pour qui : Des vierges, leurs verges à le pouvoir de leur donner des yeux noir sang et allument à tout va ceux qui animent le quartier, le jeu, la joie, ayons peur d'eux, mais soyons nombreux à lutter pour être radical, pas d'arme autre que le sourire, une aile d'oiseau et félicitons nos poulets qui volent à notre secours, merci aussi aux services de soins, qui impuissants parfois donnent leur vie à lutter contre les sévices de cette folie sanguinaire. Vendredi treize, un jour ordinaire, non, refus, et je demande l'union politique et pas la récupération sympathique pour exclure de ce Pays où je suis né des gens qui nous nourrissent de leur différence, et ne sont pas des raclures, méfiance, ne nous fiançons pas au maître diable notre peuple irait à l'échec, réunion, et union, un dernier mot colombe, paix ! Pas de haine, liberté, égalité fraternité, Bleu Blanc, rouge notre faciès qu'ils se farcissent n'a pas de couleur mais des valeurs !Un vent de demoiselle

lundi, novembre 9 2015

La note sucrée / salée

La note, je la connaissais pas, né sans musique... Pas de Bach, de Haendel, ni de Grégoire et ses notes sur les « I »... Pour moi, cette note était une addition, sucrée/salée, une crêpe quoi ! Un chignon, une coiffe de Bigouden. Comment dire ? Je suis né sur un fil électrique, en Afrique, je plaisante. Né où, ah oui sur Terre. Ma mère rouge sang : « Octobre rouge, sens-tu le vent, le ventre ronds de ses enfants » un peu Robinson sans son vendredi sur un espace-temps pacifique, magnifique, un de ses silence faisait que je meublais mon temps à observer les oiseaux, ceux des champs, ceux des villes, ceux des îles et îlots, quel culot ! Oh, puis zut un peu de dérive, je suis un piano, ni noir, ni blanc, un métissage, un filet, pas une entrecôte. D'ailleurs, j'aime parfois m'étendre face à l'Océan et ce navire aquarium, là et seulement là, je m'invente des vies, un exemple, j'ouvre le poste, allume la machine à rêve, enfin je regarde naître des histoires, et regarde mon gentille papa et il me dit Léon va au lit ! J'obéis, le ciel devient gris, la fenêtre sur la cours des miracles s'ouvre, ma maman me berce de sa joli voix, et puis elle tend les draps pour que je n'ai pas froid. Ouvre un livre et me conte une Histoire :

Sur l’île d’Aldabra des gens, heureux, meurent de faim, car chez-eux, la mer se tait, elle désespère de perdre sa richesse de vie, des poissons poisons, des petit gris argenté en croissance pris dans les mailles d’un filet trop fin. La lueur du ciel éclaire le petit paradis ; l’arc-en-ciel, ce dessin aux vagues perdues, sur la Terre brise lame. Sans larme, sans d’autre arme que l’espoir, ils luttent pour préserver la vie, écrivent une partition sans les clefs, et cherchent l’harmonie. Le corail en vipère largue des œufs et des couleurs mystères, du pamplemousse au violet, des mauves et des guillemets. Pour se nourrir de la création…

La raison manque de folies, ces mailles larges qui collent des images, et se traduisent en chair et si on arrête la bêtise de leur pourrir par l’invasion de touriste émotion, aux cachets diarrhées ; je lance l’ancre de mes bleus, une idée qui leur permettrait d’équilibrer l’écosystème de cette mer turquoise, pendant qu’au Nord les vents du Suroît vident les entrailles des abysses, au Sud, le vent pépère se lève sans courage, le pêcher des pêcheurs, est un concept inversé, trop à l’Ouest, peu à l’Est, le navire aquarium doit emporter une bulle d’alevins loin des requins, les laisser croître jusqu’à nourrir nos deux mains… et panser leurs plaies, penser avenir. Enfin, je le crois.

dimanche, novembre 1 2015

Enfant

- tentative artisanale (et parfois ludique) de clonage en vue d'atteindre l'éternité. Les spécialistes émettent de grandes réserves sur la validité du procédé.

Synonyme : cauchemar domestique

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