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mardi, décembre 22 2015

Le premier abrouti du village

L'univers est un chaos ordonné, les planètes gazeuses, à l'atmosphère légère tourbillonnent dans le ciel, entre deux tempêtes de folie, trop éloignées du Dieu soleil, trop proches, elle sont in-habitable, mais revenons à la notre, la belle bleu isolé dans la galaxie, dans un champ, je regarde cette reine qui butine, cette reine, vous rigolez ! Bien sûr que c'est une guerrière, un travailleur de l'ombre, une sans papier, sans matricule, qui de l'aube au couché butine, et serine de ses ailes qui battent et rebattent l'air atone. Pétole, absence de ce vent, ciel ouvert presque gris, sans être sombre, j'ai mon appareil photographique, je zoome, gros plan, wouahou, quels couleurs ! Jaune et noire, pose B, j'ai la sensation de vibrer en regardant ce cliché, et puis cette fleur, de l'acacia, au cœur mauve, ses feuilles qui s'étalent à la recherche de lumière, je voudrais vous offrir l'odeur, mais comment faire pour insuffler un peu de ce parfum qui détalle au centre névralgique de mes narines, algues marines ? Oui, comment rendre la note sucrée de ce temps abstrait, comment vous parlez de ce jour, où une rencontre plein d'épice, me garantie de vouloir revenir en arrière, d'oublier la folie ordinaire des Humains, et de naviguer dans ce pétrin ouvert et offert aux rêves les plus fous ?

Qui je suis ? Pourquoi, je narre cette courte aventure ?

Avant de devenir chasseur d’effluve, de saveurs, de couleurs, je naviguais sur des abeilles, enfin une le Bourdon un magnifique croiseur qui par son étrave ouvre les océans, les mers fortes se fracassent sur sa proue, se séparent sur sa poupe, et à son bords nous mangeons ce poulpe qui n'a pas eu de chance en croisant notre sillon. Sauver des vies, notre unique combat mais cela n'évite pas le fait de manger d'autres espèces, la loi du règne animal est dure à digérer, mais trêve de digression, oui, je fut un marin qui allait en zodiac pas lire les lignes de la main, mais affronter la mâchoire, le hachoir de l'Iroise, ce parc marin, cette mer, au regard turquoise les jours de calme, et si grise les jours de fureur de ce vent rageur qui détruit la route, vraie, des bateaux qui sillonnent le large de l’île de Ouessant.

Le risque faisait partie de mon quotidien, affronter le mal de mer, sans la main de ma maman pour me sécuriser, et maintenant, me voici un simple chasseur d'images, dans un champ de pâquerette, en compagnie d'une colonie de vaches paisibles qui pâturent et mangent de l'herbe pour porter leur embonpoint, à la ferme, chaque soir, quand l' astre jaune se casse derrière la ligne bien peu concrète, cette conquête de l’Équateur, quelle heure était-il ? Quand, je pensais à ce passé, si fier de mon cliché de cette abeille qui vole son butin sur la fleur et nourrie mes enfants de ce bienfait salvateur, je vais rentrer, tout à heure, à toute allure, sans serrer le vent, sans aller au près, sans régler les voiles, je navigue sur cet herbe tranquille, sans aucune frayeur, le sol n'est pas meuble, juste quelques flaque de boue, par ci par là, rien de traumatisant, un peu surpris cependant de trouver une abeille, seule, comme perdu, où est sa colonie ?

Seule au monde ?

Impossible, mes yeux tournoient, je cherche l'erreur, je sauve les cœurs comme d'habitude, c'est-à-dire une simple déformation professionnelle, ça bourdonne, pas un Ours à l'horizon, rien de plus que ce bruit qui se rapproche ses ailes qui battent l'air et elle se pose sur mon nez, y entre, que vais-je faire ? Ne pas l'écraser, ne pas paniquer, ne pas la tuer ! Je bouge plus, je respire plus, je suis immobile sous l'ombre d'un châtaigné, sa fraîcheur me tord le ventre de maux sans sens, j'ai froid quand elle me pique l'arrête nasale, pas de vaisseau spéciale, mais une douleur extrême, comment une si petite bête peu faire de l'ombre à un seigneur de la Terre, un Humain, simple habitant de ce lieu enchanteur, j'ai mal, j'ai envie de la frapper à mon tour, mais ses ailes s'agitent et elle part, l'abeille retrouver les sienne de consœur !

Ça fait un mal de chien, un coup d’œil dans le rétroviseur, une tache rouge sang sur mon appendice nasale, c'est sale, mais bon, juste une piqûre de rappel que la Nature reste reine, et cette ouvrière vole vers ses sœurs... Maintenant, je pense au plat que ma femme a concocté ce laps de temps, où absent, elle gère mon quotidien, je l'aime, j'ai envie de l'embrasser sur le cou, mais cette couleuvre sur mon nez ne m'arrange pas... Nos deux enfants sont chez leurs grand-parents, tranquille à la maison, hum rêve d'épices, ce rouge de cadmium sur la table, un Colombo, oh, je me trompe toujours sur la couleur de cet épice qui ravive les recettes d'Afrique et ne coûtent pas cher, du riz, rond et gris, un bon vin de bourgogne, j'entre dans la cuisine, enfin, oh quel odeur ! Puis ce cri !

— Mais jeff ton nez !

Ah, oui, j'avais oublié, je me suis fais piqué, cet après-midi par une abeille Une guêpe, certainement Non, une abeille, regarde sa photo !

Je lui montre le cliché, et surprise, elle s'esclaffe

— Ben une belle fleur, mais ton animal rugissant, il est où ? Sur la pellicule, montre !

Je regarde, rien, le vide, l'absence, plus de jaune et noir, rien...

— Mais ??? Oui, rien, je ne suis pas folle, mais met ça sur ton nez

Ma femme a dévalisée l'infirmerie, et un coton me soulage de ce mal naissant qui emplie ma peau de taches noirâtres, au fond rouge.

J'ignore ce qui se passe, moi des baleines j'en ai vu, des cétacés aussi et là c'est assez ! Reste l’effluve qui vient de la casserole, nous dînons, le poulet fond dans nos bouches, entre deux éclats de rire, je tais la douleur, je ne comprends pas la mutation qui sévis dans mes viscères, mon estomac se remplie de ce riz Colombo, sans vouloir faire référence à cet inspecteur de génie, je dérive sur la piste aux oiseaux migrateurs, la Paruline rayée qui d'un simple coup de vent s'égare sur la mappemonde, si chère à Apolline, ma fille unique, elle s'invite en courbe elliptique dans mes pensées sauvages, telle une pierre précieuse l'opaline. Nous regardons un film culte, « il était une fois la révolution ! » Sergio Leone, mais pendant tout la séance, mon état se complique, hâte de me coucher, de lutter contre la fièvre de vivre, hâte d'inhaler le couloir des songes, de sombrer dans le tube noir du non-rêve, non cauchemar aussi, et puis là je plonge dans un état, un de ses état, je raconte :

« Dehors, la lune n'est pas rousse, ma femme dort, dure journée, et moi, je me trouve sans cesse, je trouve pas le repos du guerrier, je reste pantois fasse à cette nuit de dauphin de la reine, me voilà dans une ruche, vraiment, vous n'y croyez-pas ! Croyez-moi, sur parole, je vais vivre un truc de folie, cette nuit là. D'abord, l'abordage d'image, un carnage, je suis en train de sucée la cervelle d'une reine de la ruche, je n'y crois pas, c'est ni bon, ni goûteux, seulement, si réel ! Image de nourrice, je suce une cervelle, c'est un peu pas beau, mais c'est un rôle salutaire pour vivre cette vie de chien ! Vivre cette vie, d'abeille, en entrant dans mon appendice nasale, elle m'a piqué au vif, certes, mais aussi elle m'inonde d'image de sa vie, je le comprends aisément, moi qui devient son regard, ses ailes, je butine et entre dans un parcours du temps, or saison, or religion, religieuse, je reste gourmand, et gourmet, mais un flot d'images génèrent une vie qui devient imaginaire, un zeste de sucre, un reste d'humanité, et ce voyage hors temps, hors piste ! Je suis dans une cellule, la prépare, enfin c'est ce que je comprends. Le lendemain matin, je m'informe sur les abeilles et découvre le processus, mais en sus, j'ai une tache sur le bras gauche, bizarre, vous avez dit bizarre. Bon, je me lève, je me lave, et pars à la chasse aux belles images, surpris cependant de deux choses, deux faits intriguant, en un, l'abeille n'est plus sur la pellicule, en deux, j'ai la nausée pourtant je n'ai pas ouvert le téléviseur, marre, raz le bol de ses vingt-heures horribles, mort en cascade, fusillade, guerre et grillade, je pense au homard, aux grillade de crevettes, de gambas, je suis un monstre, un monstre de ventre, et puis cette nausée qui ne se vide pas, enfin ce sentiment d'être malade, alors ma balade se fait libellule, un bon bol d'air, un peu d'air frais, et une envie de fromage, un vieux comté ferait l'affaire, je ne parle plus, mon sang circule mais un souffle au cœur, je respire mal, un mâle des maux, et une mutation sur la glaive du temps. Cette piqûre m'affole, je circule et vais dans un bois sentir le vieux chêne, je veux re-naître, sentir les odeurs, voir courir un champignon, observer le son du vent, et devant, mon chien aboie, je ne comprends pas pourquoi ? Cauchemar de cette nuit, nourrice, je prépare la cellule de la ruche, mère nourricière, je viens d’ouvrir les yeux et déjà au travail ! Quel travail, un simple numéro et pas gagnant, je suis ce suc qui se crée dans l'alvéole de la cabane de mes sœurs, aux ailes translucides, lucide, je comprends que j'ai deux vie en cours, celle d'un être humain, père de faille, et puis celle lunaire de cette abeille qui me perce le nez et maintenant envahie tous mes sens, et ouvre ma sensibilité. Je dois sortir de ce cauche-rêve, alors pour oublier ce non sens de la vie, pour sortir du tourbillon d'informations qui menace mon identité, rester le même garçon, le fils de sa maman, de son papa, ressortir du tunnel obscure, et trouver de la lumière, c'est un teste, je dois rivaliser avec mon propre intérieur et ne pas en sortir sale ! Souvenirs de ce repas, nous étions dans un petit appartement, après avoir été faire quelque course au marché, une recette, un beau poulet, cuit au miel et a la moutarde, ce sucre caramélise, et la saveur de la moutarde s'associe à la perfection, un peu d'huile d'olive, celle de retour de nos vacance en Espagne, le liquide se déverse dans la casserole, dévale la paroi de la bouteille, coule et roule sous l'assaut de la flamme, le gaz cuit les poivrons, un vert, un rouge, un orange, je rajouterais bien ma touche, un peu de vinaigre balsamique, mais je cherche, pas un placard ne recèle de ce trésor, alors confus, je confesse mon impuissance et regarde, ma future femme, délicate, ôter la peau des poivrons, qui dans l'eau de leur cuisson trouveront tout le goût qui sied à un plat sublime, le miel est de noisette, je crois mais les souvenirs vous savez c'est pas toujours précis ni vrai, ça y ressemble cependant ! Ce retour en arrière m'enchante, j'ai envie de crier des mots d'amour, mais voilà, la camisole de force ne serait pas loin, tient une ombre, des gens, je ne suis pas seul, j'hurle contre le vent le prénom de mon chien, langue ouverte, il revient, ouf, pas de bêtise, ce matin. Puis j'ouvre les yeux ! »

Petit déjeuner, café, et viennoiserie, croissant pur beurre salé, pain au chocolat, et refuse le miel, un peu de confiture de prune et je pars en ville faire développer ma pellicule, chemin faisant, pas l'oiseau, mais un camion, une camionnette sur le trajet, donnez votre sang ! J'entre, peu fier, je sais que j'ai pas de veine, alors on me fait attendre puis me pique comme tous ses gens heureux de donner leur sang ! Et là surprise, un cri, moi je regarde pas la poche de mon âme, de ce sang qui me gène, du gêne de mes ancêtres mais la dame, infirmière, sans doute, viens de crier et je tourne les yeux, l'un bleu, l'un vert, puisque je suis vairons ! Je tourne de l’œil, c'est jaune, mon sang est jaune miel, j'y crois pas, et ce cri, puis ses rires m'affolent, la poche pleine, on goûte, enfin je goûte la substance qui se révèle sucrée, aux teintes d'acacia, la poche est pleine de ce jus de reine, alors j'ai peur, de finir singe, et sagement, je refuse la collation, comme eux refusent ma donation et rentre à la maison, un peu perdu, même paumé, et tombe dans les pommes. Je vais cacher ce nouveau goût et je ne veux pas devenir mutant, mais je pense aux enfants, à ma femme, et on m'expédie aux urgences, et là, le coma. La fin de l'histoire, je suis le premier être, hêtre, abrouti, des larves dans mon nez.